Avant la Maison
Borhan est architecte. Cela en dit bien moins qu’on ne l’espérerait.
Derrière l’œil exigeant se cache une sensibilité romantique : l’amour de la poésie, de la couleur, de la parure, et de l’idée qu’une belle chose puisse receler un sens qu’elle ne livre pas d’emblée. D’origine persane, il éprouve une profonde affinité avec une culture où l’architecture, les jardins, la littérature et la vie spirituelle ont si souvent dialogué.
La poésie de Hafez et de Rumi, la finesse de l’ornement, le rapport entre la vie intérieure et son expression visible : tout cela appartient à l’univers d’idées et de sensations vers lequel il revient sans cesse. Cela nourrit ce qu’il attend de la beauté, et le temps qu’il est prêt à prendre pour regarder.
Il aime le raffinement qui abrite une part d’inattendu. Une pièce composée peut gagner en intérêt grâce à un objet inhabituel ; une certaine richesse peut trouver son caractère dans la retenue. Il goûte le moment où une première impression se révèle insuffisante, où il reste plus à découvrir que l’œil ne l’avait d’abord saisi.
Cet appétit de sens se prolonge dans son travail. Une maison offre un abri, certes, mais elle donne aussi une forme concrète à un monde intime. Ce que l’on chérit, cache, accueille ou désire peut y trouver sa place.
















